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22 octobre 2026
Mercredi dernier, le SSEPI-CSQ a pris part à un rendez-vous majeur de la Centrale des syndicats du Québec : la journée « En action pour l’éducation ». Cette mobilisation s’inscrit dans la continuité des réflexions que nous portons depuis déjà un moment et qui ont mené à une revendication claire : la tenue d’États généraux sur l’éducation. Une fois de plus, la force du leadership syndical s’est fait entendre. Le gouvernement nouvellement en place a annoncé que ces États généraux débuteront dès le début de l’année 2027. C’est une première avancée, mais surtout le point de départ d’un débat collectif que nous devons investir pleinement.
Le mouvement syndical le rappelle avec force, et je m’y associe sans réserve, les derniers États généraux remontent à 30 ans, alors que le monde de l’éducation était profondément différent de celui d’aujourd’hui. En 1995, des changements majeurs ont pu être mis en œuvre parce qu’ils reposaient sur un véritable contrat social, porté et accepté par la population, qui faisait de l’éducation une priorité nationale. Aujourd’hui, nous devons retrouver cette ambition. Trop souvent, l’action politique se limite à l’horizon d’un mandat et à la recherche de résultats immédiats. Or, l’avenir de l’éducation ne peut pas être prisonnier des plateformes électorales ni des calculs à court terme.
Quand aurons-nous de nouveau un gouvernement capable de voir plus loin que son propre mandat ? Il faut un leadership social courageux, prêt à engager une réforme de l’éducation qui prendra le temps nécessaire pour l’actualiser et la renforcer durablement. L’éducation doit être soustraite aux changements de cap partisans, elle doit être dépolitisée. Elle ne peut plus dépendre d’un gouvernement en particulier. Elle doit devenir un engagement collectif, inscrit au cœur de notre projet de société pour les prochaines décennies. C’est à nous de l’exiger, de le défendre et de faire entendre cette vision.
En 2026, quelle éducation voulons-nous bâtir ensemble ? Quel rôle la maison doit-elle reprendre ? Quels moyens devons-nous mettre en place pour mieux unir les ministères, les organismes, les milieux de travail et la population ? Et pouvons-nous vraiment laisser le débat public être confisqué par celles et ceux qui s’autoproclament experts en éducation sur les réseaux sociaux simplement parce qu’ils sont allés à l’école ? Ces questions sont profondément politiques, parce qu’elles touchent à nos choix collectifs, à nos priorités et à l’avenir que nous voulons offrir, que je veux offrir car oui, je signe.
J’invite donc chaque personne membre à se mettre en mouvement : à se questionner, à amorcer la réflexion et à faire vivre la discussion dans son entourage. Que vous soyez parents ou pas, que vos enfants soient encore sur les bancs d’école ou pas… Il faut aller au-delà du « je, me, moi »… Personnellement je suis prête à trouver de l’énergie pour les générations futures qui en profiteront assurément.
Dans les prochains mois, le gouvernement lancera les États généraux de l’éducation. Le personnel de soutien scolaire doit y occuper toute la place qui lui revient. Nous sommes aux premières loges, chaque jour, pour constater ce qui fonctionne, ce qui doit changer et ce qui pourrait être mieux pensé dans le monde scolaire. Notre expérience est indispensable. Ensemble, faisons entendre notre voix, portons nos solutions et prenons résolument notre place dans ces échanges déterminants pour l’avenir de l’éducation.
Marie-Claude Tremblay